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Homélie du 6 janvier - Epiphanie du Seigneur
Matthieu 2, 1-12
P. Louis Quémener, aumônier du Carmel 

La solennité de l'Épiphanie qui nous rassemble aujourd'hui est liée à la fête de Noël, tout comme la Pentecôte est liée à la fête centrale de Pâques. Nous le savons, la Pentecôte c'est la grâce de Pâques qui se répand sur le monde. De même, l'Epiphanie, c'est la grâce de Noël offerte à tous les peuples.
L'épiphanie est par excellence une fête missionnaire tout comme la Pentecôte. À Noël, l'Eglise accueille le don que Dieu lui fait en son Seigneur et Maître, Jésus. Aujourd'hui, elle proclame que Jésus est la lumière du monde et le salut des peuples. L'Eglise se plaît à souligner 3 grandes manifestations de Jésus au monde. Et pour elle, ce sont 3 raisons de chanter le Magnificat de Marie, d'où cette déclaration :
« Nous célébrons trois mystères en ce jour : aujourd'hui ; l'étoile a conduit les mages vers la crèche. Aujourd'hui, l'eau fut changée en vin aux noces de Cana. Aujourd'hui, le Christ a été baptisé par Jean dans le Jourdain pour nous sauver, alléluia ! »(Antienne des Vêpres de ce jour)

A Rome, l'Epiphanie se fête tous les ans le 6 janvier. En France, c'est le dimanche qui suit le 1er janvier. Mais cette année, ce dimanche c'est le 6. Nous sommes donc en communion de foi et de prière avec le pape François et avec toutes les églises particulières du monde.

Aujourd'hui, nous fêtons les mages venu de l’Orient. Dimanche prochain 13 janvier, nous fêtons le baptême de Jésus par Jean dans le Jourdain. Puis le dimanche 20 janvier, nous lirons le récit du premier grand signe de Jésus aux noces de Cana. Cette année donc, nous allons bien fêter l’épiphanie du Seigneur c'est-à-dire sa manifestation au monde.

Nous remarquons que l'Église répète à l’envie le mot « aujourd'hui ». D'ailleurs la prière d'ouverture de cette messe débute ainsi : « Aujourd'hui, Seigneur, tu as révélé ton Fils Unique aux nations ». Il nous est dit ainsi que Dieu, dans son éternel présent, est toujours fidèle. L'amour miséricordieux qu’il nous a montré en envoyant son Fils un jour du temps, cet amour est toujours aussi grand, toujours aussi puissant, toujours à l’oeuvre, toujours offert. Entendons Jésus nous dire aujourd'hui : « Comme le Père m'a aimé, moi aussi, je vous ai aimés, demeurez dans mon amour. » 
Jésus veut se manifester dans son amour pour nous : accueillons-le et devenons ses témoins. Soyons des disciples missionnaires.

Donc, ce 6 janvier, ce sont les mages qui retiennent notre attention. Le peuple chrétien à brodé sur le récit évangélique : ils sont trois, -ce que ne dit pas l'Évangile - pour porter l'or, l'encens et la myrrhe. Ils sont de races différentes : un blanc, un jaune et un noir. Car Jésus invite les hommes de tous pays, de toutes langue et de toutes cultures au banquet de son royaume.
Nous sommes ici dans la Maison-Mère des Sœurs de la Charité de Saint-Louis. Avec nos sœurs, nous pouvons faire déjà un joli tour du monde. Car Mère St Louis a su quitter Vannes pour ouvrir des maisons aux alentours. Puis la Congrégation a ouvert des maisons en Angleterre, au Canada, en Amérique centrale, Mexique et Haïti, puis en Afrique, au Mali, Sénégal et à Madagascar. Voilà comment les sœurs de la charité de Saint-Louis ont fêté l'Épiphanie au long des années. Quant aux carmélites, il n’est que de songer à Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus, patronne des Missions, pour connaître la dimension apostolique de leur vie offerte pour le monde.

En France, il est de tradition dans tous les diocèses de penser spécialement aux églises d'Afrique en ce jour d'Epiphanie. C'est pourquoi, les quêtes qui sont fait aujourd'hui sont destinées à ces églises. Nous pensons spécialement aux églises subsahariennes, mais le 8 décembre dernier, la béatification des 19 martyrs d'Algérie a attiré notre attention sur nos frères chrétiens en Afrique du Nord qui se veulent disciples missionnaires dans un monde très majoritairement musulman. Nous devons aussi les aider.
N'oublions pas non plus qu'en retour cette Eglise d'Afrique pense à nous. Dans notre diocèse, il y a actuellement 35 prêtres africains au service des paroisses ; ici même à Vannes, les 2 recteurs de la paroisse St Guen et de la paroisse Saint-Vincent Ferrier.

Qu'ont apporté les mages à l'enfant de Bethléem ? Matthieu répond : de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Et aujourd'hui, qu'apporte l'Eglise au Seigneur ?
Elle déclare : « Seigneur, ton Église ne t’offre plus ni l’or, ni l’encens ni la myrrhe. » Alors qu’offre-t-elle ? Qu’avons-nous à offrir ? La prière sur les offrandes le dit : « Père, l’or, l'encens, la myrrhe montraient qui était vraiment l'enfant de Bethléem. » Et bien, c'est LUI, Jésus qui se remet entre nos mains, qui s'immole pour nous et pour la multitude, et c'est LUI que nous t'offrons pour ta gloire et pour le salut du monde.


A certaines messes, on encense l'autel, les oblats posés sur l'autel, pour montrer que l'oblation de l'Eglise monte comme l'encens en présence de Dieu. Puis le prêtre est encensé. C'est pour lui dire : « toi qui te tiens à l'autel pour offrir, pense à t'offrir toi-même. » Puis le peuple présent est aussi encensé. Chacun doit comprendre qu'il doit lui aussi offrir le sacrifice de l'Eglise et s'offrir lui-même.
C'est ainsi que nous sommes tous ensemble le peuple sacerdotal comme Dieu l'aime !