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Homélie du 4 novembre - 31e dimanche B
Marc 12, 28-34
P. Louis Quémener, aumônier du Carmel 

Un scribe, un spécialiste de la Loi, vient trouver Jésus. Contrairement à beaucoup d'autres, il vient, non pas pour lui tendre un piège, mais demander loyalement un avis : Quel est le premier de tous les commandements ? Qu'est-ce qui est le plus important de tout ?

En ce temps-là, on prêtait à un célèbre rabbin, Hillel, la sentence suivante : "Ne fais pas à ton prochain ce que tu n'aimerais pas qu'il te fasse : voilà toute la Torah, (toute la loi). Le reste n'est que de la littérature." Autrement dit, le reste n'est que commentaire.

Et que pense Jésus ? se demande le scribe qui l’interroge. La réponse de Jésus est célèbre elle aussi :
"Le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu".
Remarquons tout de suite que Jésus aurait pu dire : tu adoreras le Seigneur, ou tu le loueras, tu lui rendras grâces, tu lui obéiras. Il a dit : tu l'aimeras, parce que Dieu est Amour et parce que tu es aimé de Dieu. Alors toi, sois un amoureux de Dieu. Et un amoureux sincère et vrai n’est jamais un intermittent. Donc aime Dieu ton Seigneur toujours et partout.
Et Jésus ajoute : "aime le de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force." Que dire de plus ? Il n'y a rien à dire de plus.

Tel est le premier commandement, mais il y a un second qui doit être mise en parallèle avec ce premier :
"Tu aimeras ton prochain comme toi-même". En effet si Dieu t'aime, et cela c'est le B.A.ba de la foi, tu dois reconnaître que Dieu aime aussi tes semblables. Dieu connaît et aime chacun. Alors aime ton prochain. L'apôtre Paul dira même un jour : "aime ton frère pour lequel aussi Jésus est mort."

Le scribe est pleinement d'accord avec Jésus : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai. » Évidemment, l'évangéliste Saint-Marc demande à chacun de ses lecteurs d'être aussi convaincu que le scribe. S'il n’en était pas ainsi, que ferions-nous ici tous réunis autour de l'autel du Seigneur ?
Au moment de la communion, disons au Seigneur :
- fais de moi un amoureux de du Père.
- apprends-moi à aimer mes frères comme tu les aimes et je pourrais dire en vérité : "Notre Père…"

Jésus félicite le scribe qui s'est déclaré pleinement d'accord avec lui. Et il lui dit qu'il est vraiment et pleinement l’ami de Dieu. Ce scribe a su recueillir le meilleur de la Loi pour en vivre.

Au long des siècles, l'Église de Jésus a-t-elle su reconnaître, comme son Maître, les juifs qui ont cherché, eux aussi, à vivre leur foi à la lumière des Saintes Ecritures, tout comme ce scribe dont nous parle Saint-Marc ?


Il a fallu le Concile Vatican II et surtout l'exemple et l'enseignement de saint Jean-Paul II pour tenir un discours correct sur les Juifs. Et pourtant à travers le monde, l'antisémitisme sévit toujours. Puisse la conduite de Jésus face au scribe inspirer la nôtre.