Notre Histoire
Homélie du 2 juin - 7ème DIMANCHE de Pâques - Année C
Jean 17, 20-26
P. Louis Quémener, aumônier du Carmel 

Entre Ascension et Pentecôte, l'Eglise vit la grande neuvaine de prière qui la prépare à accueillir l'Esprit-Saint. Elle nous invite à faire nôtre la prière de Jésus. Ne nous fatiguons pas à inventer des prières, entrons tout bonnement dans la prière de Jésus ! Il a prié le Père pour tous ceux qui accueilleraient sa parole et croiraient en lui. Nous en sommes. Jésus a prié pour nous. Il a certainement été écouté et exaucé. Pensons-y.

Et qu'a-t-il demandé pour les siens ? L'unité. D'emblée, nous ne sommes pas très à l'aise, nous nous sentons même quelque peu coupables. Nous avons en mémoire les grandes déchirures de l'Eglise, les guerres de religion, les disputes entre catholiques de sensibilités différentes.

Mais écoutons Jésus parler de l'unité. Alors elle redevient une espérance, une promesse, une certitude. Car l'unité dont il parle existe déjà en Dieu et il nous demande d'y entrer :

« Je suis dans le Père et le Père est en moi, dit-il. Le Père et moi, nous sommes UN. » Et le lien vivant de cette union du Père et du Fils, c'est le Saint-Esprit, depuis toujours et pour toujours.
Cette unité-là, Jésus nous l'offre comme modèle pour notre unité fraternelle. Il demande à son Père,
« que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi. »

Mais l'unité de Jésus avec son Père est mieux encore qu'un modèle. C'est plutôt comme
un ESPACE où Dieu nous accueille pour y vivre notre unité de chrétiens.
Jésus dit en effet :
« Qu'ils soient un EN nous. » Ce qui nous invite à venir en quelque sorte habiter ensemble dans l'amour de Dieu.

La question est donc la suivante :
Comment allons-nous nous hisser jusqu'à Dieu pour habiter ensemble dans son amour ?
Comment allons-nous nous élever bien au-dessus de nous-même ? Au-dessus de nos faiblesses et paresses ?
Question inutile, car voici que Jésus déclare : « Que tous, ils soient un comme nous sommes un, moi en eux et toi en moi. »
Il a dit : « Moi en eux ». Au cœur de l'Eglise, au cœur de toute communauté chrétienne, au cœur de chacun, se trouve Jésus le vivant.
Il a dit : « Toi en moi. » À l'intime de Jésus se trouve le Père, source de toute vie et de toute grâce.

Autrement dit, le Père et le Fils, unis par l'Esprit-Saint, viennent vivre leur amour dans ce profond de nous-même que nous appelons notre âme, notre cœur, notre liberté.
Nous n'avons pas à fournir un effort désespéré pour rejoindre Dieu. Nous avons à nous ouvrir à lui pour l'accueillir.
L'accueillir en vérité avec l'amour qu'il a pour nous et qu'il a pour tous les hommes. Alors nous comprenons ce qu'est la fraternité EN Dieu.

Nous devrions revenir sans cesse à ce que déclare Saint-Jean : « Ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, c'est Dieu qui, le premier, nous a aimés ». Dieu est toujours le premier à nous aimer. Cela veut dire que nous ne sommes jamais sans amour, même aux heures les plus douloureuses, même quand nous sommes plongés dans la solitude. Nous ne sommes jamais seuls, Dieu nous accompagne toujours. Et « si un pauvre crie, le Seigneur entend »

Dieu est le premier à nous aimer. C'est lui qui éveille en nous la source de l'amour et qui l’alimente sans cesse. Le rituel du baptême propose une belle prière de bénédiction de la mère du nouveau baptisé. Elle dit ceci : « Dieu est celui qui donne la vie et qui inspire l'amour. C'est lui qui met au cœur des mères une tendresse particulière pour ceux à qui elle donne le jour. Qu'il bénisse la maman de ce nouveau baptisé. Qu’elle ait la joie de voir son enfant répondre à son amour et progresser dans le bien »
Le même rituel dit aussi : « Dieu est la source et le modèle de toute paternité. Qu'il protège le père de cet enfant. » 

Lorsque Jésus parle au Père de ces hommes dont il se veut le Sauveur, que dit-il ?
« Père, tu me les a donnés, tu me les a confiés et tu les as aimés comme tu m'as aimé. » Dès lors, ce qu'il veut, c’est n’en perdre aucun. Ce qu'il veut, c'est leur révéler l'amour du Père pour chacun d'eux.
Notre foi en l'amour de Dieu a besoin de grandir et de vivifier toutes nos relations et toutes nos rencontres. Nous entendons de façon plus juste et plus encourageante cette invitation : « Servons la fraternité. »
Le désir de Jésus, c'est de venir vivre en nous son amour pour le Père et de multiplier en nous les gestes de bonté, de patience et d'amour à l'égard des hommes ses frères.
Ouvrons nous donc à l'Esprit Saint qu'il nous envoie.