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Homélie du 1er novembre - TOUSSAINT - 
Matthieu 5,1-12a
P. Louis Quémener, aumônier du Carmel 

Nous voici invités à contempler et à chanter l'immense cortège de tous les saints, tout en disant dans le chant du Gloire à Dieu : "Jésus-Christ, toi seul es saint !"
L'apôtre Paul nous explique en effet que nous sommes le Corps du Christ, chacun de nous est un membre de ce corps, chacun reçoit la grâce de l'Esprit pour le bien du Corps entier. Autrement dit, à la tête du cortège des saints, se tient le Christ qui est l'unique source de la sainteté. Parce que lui seul est à la fois vrai Dieu est vrai homme.
Voilà pourquoi dans l'évangile de cette fête, il se présente à travers les Béatitudes, comme le Maître du bonheur.
Le seul Juste, le seul Saint a apporté aux hommes et ne cesse de leur apporter le vrai bonheur. Du coup, le peuple chrétien dont il est la Tête, a pris l'habitude de se tourner vers les Saints pour leur confier leurs soucis, leurs besoins et pour leur demander un supplément de bonheur. À la vérité, n'est-ce pas dès ici-bas que les saints ont apporté à tous un secours pour les soulager dans leurs multiples pauvretés ? Voyons cela de plus près.

Et commençons par la pauvreté la plus dramatique et la plus urgente à soulager. N'est-ce pas celle dont nous parle l'apôtre Paul dans sa lettre aux Éphésiens – que nous lisions tous ces jours derniers - quand il leur dit qu’autrefois ils étaient sans Dieu, sans Christ, sans espérance. Leur vie n'avait aucun sens, aucun avenir.
N'est-ce pas toujours vrai aujourd'hui ? C'est pourquoi dans l'Eglise, sont honorés en premier lieu ce qui annoncent Jésus Sauveur et son évangile : les apôtres, les témoins de la foi jusqu'au martyre, les missionnaires.
Et nous-mêmes ici, nous vénérons Saint-Vincent Ferrier, Julien Maunoir, Louis-Marie de Montfort, Jean Eudes, Pierre-René Rogues. Nous connaissons aussi Anne-Marie Javouhey, Pauline Jaricot. Nous savons que l'Église a mis les missions sous le patronage de François-Xavier et de Thérèse de Lisieux.

Après cette pauvreté de première importance, parlons de cette pauvreté que connaît à travers le monde une enfance abandonné, maltraitée, privé d'amour, de nourriture et d'instruction. L'Eglise honore de façon spéciale les Saints, hommes et femmes, qui luttent contre cette pauvreté. Nous pensons à Jean-Baptiste de La Salle, à Jean Bosco, mais aussi à Mère Teresa, à sœur Emmanuelle. Nous n'oublions pas, surtout ici, Mme Molé, venue à Vannes après la Révolution pour s'occuper des jeunes filles abandonnées à elles-mêmes. Jésus, le maître du bonheur, n'a-t-il pas dit : "Laissez venir à moi les petits enfants."

Dans le cortège des Saints, que d'hommes et de femmes ont répondu à cet appel. Penons à la place immense tenue par ceux et celles qui ont exercé, comme dit l'Eglise une activité caritative. Ils ont pris au sérieux les paroles de Jésus : "j'étais malade, j'avais faim, j'étais nu, j'étais en prison…" Nous pensons à Saint-Vincent-de-Paul - Monsieur Vincent,- à Jeanne Jugan, mais aussi à Saint-Yves l'avocat des pauvres. Etc…

Jésus, le Maître du bonheur, est venu aussi pour apporter la paix sur terre. De nombreux saints et saintes entendu la béatitude de Jésus : "Heureux les artisans de paix."
Et nous aimons chanter : "Ouvriers de la Paix, la moisson vous attend. Pour réconcilier le monde, n’emportez que l'amour."
A ces ouvriers, Jésus a donné un modèle en la personne de François d'Assise.
J'ai évoqué les saints et les saintes qui ont suivi et servi le maître du bonheur, en se mettant au service de la foi, de l'enfance, de la santé, de la paix.
Les années dernières, l’Eglise n’a-t-elle pas ouvert un nouveau chapitre en canonisant Louis et Zélie Martin, les parents de Sainte-Thérèse ?
Un vrai chemin de sainteté est proposé aux époux qui font de la famille une petite église à la maison, une "église domestique". Voilà un chemin de sainteté tout simple, mais qui ne doit pas être en fait si simple qu'il paraît puisqu'on on compte tant de foyers pauvres d'amour, de paix et de joie.
La prière de l’Eglise dit : "Père très aimant, apporte à nos familles la grâce d’imiter la famille de ton Fils, la Sainte Famille, et de goûter avec elle, après les difficultés de cette vie, le bonheur sans fin."

En résumé, on peut dire qu'il y a autant de catégories de Saints qu'il y a de pauvretés humaines à soulager.
D'où la question pour chacun : quelle est la pauvreté qui attire le plus mon attention et qui appelle mon action ?
"Ce que vous avez fait au plus petit des miens, c'est à moi que vous l'avez fait" dit Jésus.