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Homélie du 15 octobre - Solennité de Sainte Thérèse de Jésus - 
Jean 4,5-15
P. Louis Quémener, aumônier du Carmel - Extraits SteThérèse "Chemin de Perfection" ch.33 et 34 

Sainte Thérèse de Jésus est une maîtresse de vie spirituelle, une maîtresse que carmes et carmélites aiment à appeler "notre Mère". Mais si l’Eglise l’a reconnue "Docteur", c’est pour nous inviter tous à nous mettre à son écoute.
Ste Thérèse a beaucoup à nous partager quant à la relation d’amitié avec le Christ, et elle a beaucoup à nous dire particulièrement pour nous aider à vivre une véritable dévotion eucharistique. J’en retiens 3 aspects.

1.Quand elle parle du Très-Saint-Sacrement, Thérèse se plaît à souligner que le Christ Jésus est bien là. Oui, c'est bien la personne de Jésus, dans son humanité et dans sa divinité, qui est présente. Et elle s'écrit :
"Qui nous empêche de nous tenir auprès de Jésus-Christ ressuscité, puisque nous l'avons si près de nous dans le Saint-Sacrement où sa chair est déjà glorifiée ? Le voici enfin devenu notre compagnon au Très-Saint-Sacrement, car en vérité, il semble n'avoir pu se résoudre à s'éloigner de nous un seul instant."

Thérèse se souvient de la personne qu'elle était autrefois et qu'elle est toujours, et elle écrit :
"Le Seigneur, il est vrai, lui avait donné une foi si vive, que lorsqu'elle entendait dire à quelques-uns qu’ils auraient bien désiré vivre au temps où Jésus-Christ était sur la terre, elle riait à part soi, se disant : « Puisqu'il est aussi réellement présent au Très-Saint-Sacrement qu'il était alors au milieu des hommes, que veulent-ils de plus ?"

2. Mais pourquoi cette présence a-t-elle autant d'importance ?
Thérèse sait bien que le plus important pour le chrétien, c'est de faire la volonté de Dieu, comme nous demandons dans la prière du Notre Père. Mais cela est difficile. Thérèse a l'heureuse intuition d'articuler la troisième demande du Notre Père à la quatrième demande. La 3e dit : "Que ta volonté soit faite", la quatrième : "Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour." 
Le pain que nous demandons est le pain eucharistique, le Corps du Seigneur. Et c'est la réception du Corps du Christ qui va nous aider à unir notre volonté à la sienne pour accomplir celle du Père.
Thérèse écrit : "Le bon Jésus comprenait combien il nous était difficile de faire ce qu'il promettait en notre nom…Pesant notre faiblesse, il vit dans sa bonté, qu'un secours nous était nécessaire…Et donc il ne reste avec nous que pour nous aider, nous animer, nous encourager à faire cette Divine Volonté dont nous demandons l'accomplissement en nous." En résumé, l'Eucharistie nous est donnée pour que notre volonté soit fortifiée et que nous puissions l’unir à celle de Dieu.

3.Après la communion, Thérèse nous invite au recueillement.
"Alors donc que vous venez de recevoir Notre Seigneur et que vous avez sa Personne même présente en cous, fermez les yeux du corps, ouvrez ceux de l’âme, et regardez en votre cœur."
Ce que Thérèse recherche avant tout, c’est la paix, la grande et vraie paix. "A l’instant même où je recevais l’Eucharistie, je me sentais si bien pour l’âme et pour le corps que j’en étais dans l’étonnement."
Thérèse nous exhorte : "Je suis persuadée que si nous nous approchions une seule fois du très saint Sacrement avec une foi vive et un grand amour, ce serait assez pour nous enrichir. Mais il semble que nous ne nous approchions de Notre-Seigneur que par cérémonie… C’est pour cela que nous en retirons si peu de fruit… O misérable monde, qui mets un bandeau sur les yeux de ceux qui vivent au milieu de toi, pour les empêcher de voir les trésors qui les mettraient à même d’amasser d’éternelles richesses !" 

Thérèse ne cesse de nous redire que la réception de l’Eucharistie dans un esprit de foi contribue à notre croissance spirituelle. Tel est bien le souhait de l’Eglise quand elle prie : 
"Que ce sacrement, Dieu très bon, fasse de nous des saints dans une Eglise toujours plus sainte."